Le déroulement des cours
3. Le déroulement des cours :
Pendant les cours, les élèves observent le Maître faire la démonstration d’une technique et travaillent ensuite avec un partenaire pour la répliquer. Ils améliorent ainsi leur technique et leur compréhension de l’art. Le mouvement, le positionnement, la précision et le rythme (minutage) sont tous des aspects importants dans l’exécution des techniques. Les élèves gagnent également en souplesse et en adaptation en les appliquant.
Donc, après un échauffement d’une petite dizaine de minutes, l’enseignant commence par montrer une technique, en la détaillant, puis à son signal, les pratiquants forment des couples : il est d’usage que les moins gradés invitent les plus gradés en les saluant.
Au sein d’un couple de pratiquants, chacun incarne, à son tour, l’un des deux « rôles » suivants :
- Uke : l’assaillant ; c’est celui qui prend l’initiative de déclencher l’attaque (saisie, frappe). Par définition, c’est aussi celui qui va subir la technique. (Uke littéralement est « celui qui accepte, qui chute », également appelé Aite, littéralement « celui qui prête sa main »)
- Tori : le défenseur ; il est attaqué par Uke et doit appliquer la technique qui conduira à la neutralisation de ce dernier. (Tori « [celui] qui saisit », également appelé Shi et parfois Nage « [celui] qui projette » ou encore Shite « celui qui exécute »)
Le partenaire Uke attaque ainsi Tori quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement), puis les partenaires échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques et ainsi de suite. Lorsque plusieurs mouvements ont été vus à partir d’une même attaque, le professeur peut faire travailler en « technique libre » (JiyÅ« Waza) : les rôles Uke et Tori ne changent pas, Uke se relève après chaque mouvement et réattaque immédiatement Tori qui applique la technique qu’il veut ; on travaille alors principalement le placement et le mouvement du corps ainsi que l’endurance (cardio-vasculaire). Parfois, Tori est assailli par plusieurs Uke, afin de travailler la réponse à une attaque de groupe (on appelle ce travail Randori bien que cela soit différent du combat libre pratiqué au Judo).
Cette manière de travailler peut sembler très artificielle, mais elle est nécessaire, pour l’apprentissage des techniques martiales bien sûr, mais aussi des formes de chutes ou d’accompagnement des mouvements subis. En effet, les applications sont souvent d’une efficacité redoutable et un grand soin doit être apporté à l’entraînement et l’assimilation du rôle de Uke ; car, à la différence de nombreux arts martiaux (le judo en particulier), les chutes sont rarement le résultat d’un déséquilibre provoqué et souvent un moyen pour Uke d’éviter ou de soulager une douleur que Tori menace d’appliquer par sa technique. C’est pourquoi un observateur extérieur peut parfois avoir l’impression que Uke « chute tout seul » ; en fait, c’est le seul moyen pour Uke de conserver son intégrité physique.
Par ailleurs, quel que soit le niveau de l’Aïkidoka, une place déterminante est donnée à la sincérité de l’attaque : puissante, précise mais contrôlée, tant pour préserver l’intégrité de celui qui la produit que pour assurer la sécurité de celui qui la subit.
Enfin, le réalisme, l’engagement et la vitesse des attaques iront croissant au fur et à mesure de la progression du pratiquant. Une place de plus en plus importante sera donnée aux Jyu-waza (techniques libres) et aux Kaeshi-waza (contre-prises).
Sommaire :
- Histoire d’un art
- Etymologie du terme Aïkido
- Le déroulement des cours
- L’Aïkido et la pratique des armes
- Forme, attitude et efficacité martiale
- La garde : Kamae
- Les grades










